« Eole-de-Ruz », un projet contesté qui menace la Vue-des-Alpes et le tourisme neuchâtelois
Le combat contre le parc éolien « Eole-de-Ruz » franchit une nouvelle étape. Des citoyennes et citoyens neuchâtelois ont déposé un recours auprès du Tribunal cantonal contre la récente décision du Conseil d’État autorisant la réalisation du projet. Leur objectif est clair : l’abandon du site de Montperreux dans la planification éolienne cantonale.
Le paradoxe est frappant. Une étude réalisée en 2010 pour le canton qualifiait déjà ce site d’importance nationale pour l’avifaune et d’exceptionnel à l’échelle régionale pour les chauves-souris. Elle concluait à l’incompatibilité d’un parc éolien avec la protection des espèces et de leurs habitats et recommandait l’abandon du projet. Le canton a pourtant maintenu ce site, contrairement à trois autres sites écartés pour des motifs similaires.
Sept éoliennes de 210 mètres de hauteur viendraient bouleverser ce paysage jurassien, à deux pas de la Vue-des-Alpes. Derrière le jeu de mots trompeur d’« Eole-de-Ruz » se cache une réalité bien différente : le Val-de-Ruz serait épargné, tandis que les nuisances paysagères frapperaient de plein fouet la population du Haut, en particulier celle de La Chaux-de-Fonds.
Pour les recourants, la production d’énergie renouvelable ne saurait justifier de sacrifier un patrimoine naturel et paysager irremplaçable, étant donné que les risques sont connus et que des alternatives existent.
Des questions essentielles toujours sans réponse
Le recours pointe aussi les lacunes d’un dossier qui renvoie à plus tard des questions pourtant fondamentales : risques liés aux eaux souterraines, limites de bruit non respectées et surtout impacts sur les oiseaux nicheurs, les oiseaux migrateurs et les chauves-souris. Certaines études sont anciennes, d’autres insuffisantes et l’efficacité de plusieurs mesures annoncées n’est pas démontrée.
Il est inacceptable d’autoriser un projet de cette ampleur en promettant de préciser ultérieurement des mesures censées en garantir l’acceptabilité. Les conséquences doivent être évaluées sérieusement avant toute autorisation, et non après.
Un choix politique qui menace l’avenir touristique neuchâtelois
Comment le canton peut-il promouvoir la Vue-des-Alpes comme site touristique prioritaire tout en soutenant un projet qui menace précisément ce qui fait son attrait : ses paysages et son environnement naturel ? La Commune de Val-de-Ruz a pourtant investi des moyens importants, en particulier dans l’hôtel de la Vue-des-Alpes, pour faire de ce lieu une véritable porte d’entrée et une carte de visite de la région. Un parc éolien industriel à cet endroit réduirait à néant ces efforts. Les recourants demandent aux acteurs politiques cantonaux et communaux de mettre fin à cette contradiction en renonçant au projet de Montperreux.
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