Swiss Energypark : quand la communication souffle plus fort que le vent
À lire certaines dépêches triomphalistes, on croirait presque que le Jura bernois est devenu un modèle mondial de sécurité énergétique grâce à l’éolien. La réalité est pourtant nettement moins flamboyante.
BKW nous explique que les éoliennes du Swiss Energypark auraient fourni l’essentiel de la production renouvelable régionale en 2025… mais en oubliant soigneusement de mentionner un détail embarrassant : leur production est extrêmement variable d’une année à l’autre.
Les données publiées par la plateforme spécialisée wind-data.ch montrent par exemple qu’en 2025 les principaux parcs jurassiens ont produit clairement moins que les années exceptionnellement venteuses récentes, et même moins que 2024, année peu venteuse. La baisse est ainsi en moyenne de 20% en comparaison avec les sommets de 2023.
Autrement dit : en quelques années, la production peut chuter de plusieurs dizaines de pourcents simplement parce que le vent décide de souffler ailleurs (ou pas)
Et c’est précisément là que le discours officiel devient presque comique. On nous parle de « pilier de la sécurité d’approvisionnement ». Or une source d’énergie dont la production varie fortement selon la météo est, par définition, incapable de garantir un approvisionnement stable. Les chiffres de ces mêmes parcs illustrent parfaitement cette volatilité.
Il ne s’agit évidemment pas de nier que l’éolien produit de l’électricité. Mais présenter ces machines comme un gage de sécurité énergétique relève davantage de la communication que de la physique. Car la sécurité d’approvisionnement repose sur des sources pilotables et prévisibles, pas sur des rafales plus ou moins généreuses.
Derrière le storytelling bien huilé du lobby éolien, il reste une réalité beaucoup plus terre-à-terre : quand le vent tombe, la production aussi. Et il faut bien compenser par quelque chose.
Et pour une technologie censée assurer la sécurité électrique d’une région… c’est tout de même un détail embarrassant que la communication bien huilée de BKW passe volontiers sous silence.






